Cette semaine la direction du Groupe Jean Coutu a annoncé une baisse de ses profits pour le dernier trimestre.
Drôle de coïncidence, le jour précédent un analyste de Research Capital, Stuart Morrow, recommandait d’accumuler les actions du groupe québécois.
Depuis cette recommandation, malgré les annonces de baisses de profits et d’une très légère évolution du chiffres d’affaires, à peine 9% (donc vendre plus pour moins de profits), les actions du Groupe Jean Coutu (TSX/PJC.A) ont monté de 10,88$ vendredi dernier (le 4 janvier 2008), à 11,21$ (le 11 janvier 2008).
Hier, la très réputée firme UBS a annoncé vendredi qu’elle recomandait l’achat (buy) d’actions du Groupe Jean Coutu passant d’une perspective neutre à achat mais elle abaisse sont court-cible un an de 14,50$ à 13,50$.
Si UBS dit vrai cela donnerai un rendement potentiel de 20,42% d’ici un an.
L’analyste de Research Capital, mentionnait que le titre du Groupe Jean Coutu pourrait remonter en flèche si Rite Aid (NYSE: RAD), chaînes de pharmacies américaine, détenue à 31,7% par Groupe Jean Coutu, était acquise.
Comme je mentionnais Groupe Jean Coutu détient 31,7% de Rite Aid soit approximativement 252 millions d’actions qui ont fermé en bourse hier à 2,2$ américain. La valeur réelle du placement est d’environ 560 millions américains.
Ce que personne ne dit et le problème il est le suivant c’est que les mêmes actions de Rite Aid valaient 6,38$ au 29 juin 2007.
Autrement dit, en six mois, le placement du Groupe Jean Coutu a fondu comme neige au soleil. D’une valeur de 3,5 milliards américains (3,731 milliards canadiens), le placement est passé à 560 millions en devises américaines (565,54 millions canadiens).
Que valait les actions du Groupe Jean Coutu il y a 6 mois ? À la même date où le placement de Rite Aid valaient 3,731 milliards canadiens, soit au 29 juin 2007, les actions du Groupe Jean Coutu valaient 15,50$.
Donc au prix de fermeture d’hier, pendant que le placement du Groupe Jean Coutu dans Rite Aid fondait de près de 85% (en devises canadiennes), les actions du Groupe Jean Coutu ont perdu près de 28%.
Certains analystes croient que la chaîne de pharmacies américaines Rite Aid pourrait être acquise par un concurrent. Admettons cette possibilité et que l’acquéreur serait près à débourser 3,10$ soit une prime assez raisonnable de près de 41% par rapport au prix de fermeture d’hier de 2,22$.
Si cette situation se réalisait, le Groupe Jean Coutu recevrait donc 789 millions américains pour la totalité de ses actions de Rite Aid.
Advenant cette situation et en appliquant la même logique de fluctuations à la baisse des actions du Groupe Jean Coutu face à la baisse des actions de Rite Aid, on pourrait donc croire qu’avec cette vente les actions du Groupe Jean Coutu pourrait s’accroître de 13,5%, simplement à l’annonce de la vente de Rite Aid.
Mais la grosse question et c’est là qu’encore une fois ça demeure nébuleux. Que ferait la direction du Groupe Jean Coutu avec les 789 millions de la vente de Rite Aid. Oui sans aucun doute rembourser sa dette de 162 millions mais avec les 627 millions restant pourrait-elle faire mieux que d’annoncer un stupide rachat d’actions ou d’annoncer un dividende spécial?
Je l’ai déjà mentionné dans un autre article, la direction d’une compagnie doit racheter de ses actions lorsque celle-ci est sous-évaluée c’est à dire sous à sa valeur aux livres sans quoi c’est dilapider l’argent de la compagnie. Actuellement aux livres, l’action de Jean Coutu vaut approximativement 7,17$. Autrement dit, comme dans le cas de l’actuel programme de rachat d’actions lancée en 2007 par la direction, à chaque action rachetée, la compagnie perd 4,04$ d’avoir des actionnaires dans ses livres. Wow quelle belle logique!!!
Ce dont les actionnaires du Groupe Jean Coutu ont de besoin c’est de la croissance. Parce qu’à 11,21$ avec un ratio court/bénéfices de 14,32 et une capitalisation boursière de 2,81 milliards, le titre demeure pleinement évalué.
En comparaison Shoppers Drug Mart (Pharmaprix) verra son chiffres d’affaires croître pour la prochaine année financière près de la totalité du chiffres d’affaires du Groupe Jean Coutu et ce avec une marge bénéficiaire net de 5,6%. Autrement dit Shoppers Drug Mart est en pleine croissance alors que le Groupe Jean Coutu fait quasiment du surplace.
Mais revenons à Rite Aid et la possibilité que la compagnie soit acquise. Pensons-y un instant qui veut d’une compagnie qui a un chiffres d’affaires de 17,5 milliards , qui a peine a dégagé plus de 1% de marge de profits nets l’an passée et qui a 3 milliards de dettes? Je doute que Rite Aid se vende avec une prime de 41% par rapport au prix d’hier. Que se passerait-il avec les actions du Groupe Jean Coutu si les actuels détenteurs d’actions de Rite Aid s’engageaient à assumer une partie de la dette de Rite Aid en échange de la vente des actions?
Mais je dois vous parlez de d’autres choses.Comme vous savez le Groupe Jean Coutu est majoritairement établi au Québec. Avez-vous remarquez au Québec ce qui se passe depuis un an. Le gros compétieur du Groupe Jean Coutu, Shoppers Drug Mart (TSX: SC), ouvre multiple pharmacies Pharmaprix sur le territoire Québécois. Le groupe Brunet, une division de Métro, expansionne également sa chaîne. Wal-Mart ouvre également des pharmacies dans ses magasins. Proxim est de plus en plus identifié comme la belle petite pharmacie de quartier.
Ainsi, les gens me parlent des points Aeroplan chez Proxim, du service chaleureux qu’ils y reçoivent ou de la facilité à cumuler des Points Optimum chez Pharmaprix. Les gens me parlent également des prescriptions X dollars moins cher chez Wal-Mart et du côté pratique qu’ils aiment de se procurer leurs prescriptions pendant qu’ils se rendent faire l’épicerie tel que chez Maxi et Cie, Loblaws ou leurs courses chez Wal-Mart.
Même la chaîne d’épiceries Métro rénovent et convertis certains magasins en Métro Plus qui vendent l’essentiel qu’on retrouve dans les pharmacies Jean Coutu à l’exception des prescriptions.
La réalité est donc que sur le terrain, Groupe Jean Coutu perd des parts de marché vis à vis ses concurrents.
Le Groupe Jean Coutu devra donc expansionner sa chaîne de pharmacies où bien son action continuera de stagner sur les marchés. Les rénovations à plusieurs de ses points de ventes demeurent insuffisantes pour soutenir une croissance.
Le Groupe Jean Coutu pourrait par exemple annoncer l’achat du Groupe Brunet de Métro et ouvrir un comptoir de prescription dans chaque épicerie Métro Plus ou dans tout autre chaîne d’épiceries.
Donc à mon humble avis, ne transiger pas d’actions du Groupe Jean Coutu avant de savoir ce que la direction prévoit faire pour croître son chiffres d’affaires et qu’est-ce que la direction fera advenant la vente de son placement dans Rite Aid.
En terminant, une question que je me pose face aux analystes qui recommandent les actions: Depuis quand, bon sens, qu’on achète des actions sur le simple espoir qu’une division importante d’une compagnie ou d’un placement important de celle-ci soit vendu?