L’oracle d’Omaha, le milliardaire Américain Warren Buffett a prédit vendredi une chute des marges des assureurs en 2008 et fustigé la folie financière qui a conduit à la crise des crédits hypothécaires (les subprimes).
Dans sa lettre annuelle à ses actionnaires, M. Buffett, 77 ans, très écouté dans la communauté financière mais pas écouté dans les faits et actions de ses derniers, a jugé certain que les marges bénéficiaires des assurances, y compris les nôtres, baisseront significativement en 2008. (Les nôtres étant les compagnies d’assurances contrôlées par Berkshire, la compagnie de Buffet).
Il prévoit un recul des marges en 2008 de «probablement de 4 points de pourcentage», voire bien davantage en cas de catastrophe naturelle.
Sa compagnie d’investissements, Berkshire Hatahaway, qui a largement investi notamment dans des grands groupes d’assurances, a vu son bénéfice net chuter de 18% au 4e trimestre 2007, à 2,95 milliards de dollars, selon le rapport annuel paru vendredi.
Le rapport révèle au passage que parmi ses nombreux investissements Berkshire a acheté 1,3% du groupe français Sanofi-Aventis, pour 1,46 milliard de dollars.
Revenant sur la crise des crédits «subprime», il s’en est pris aux organismes de crédit et aux faux espoirs de ses compatriotes Américains.
«Tous ont cru que les prix immobiliers augmenteraient éternellement. Cette conviction rendaient sans importance les revenus des emprunteurs aux yeux des prêteurs, qui sortaient l’argent», estime M. Buffett.
J’ajouterai à cela que cette croyante de l’augmentation éternelle des prix de l’immobilier est largement nourri par les courtiers immobiliers et les prêteurs.
«Notre pays est largement frappé aujourd’hui à cause de cette croyance erronée. Avec la chute des prix immobiliers, une immense folie financière est mise au jour. On ne voit qui a nagé nu que lorsque la marée baisse, et ce dont nous sommes témoins dans certaines de nos plus grandes institutions financières n’est pas beau à voir», a-t-il ajouté.
M. Buffett a mi-février a proposé aux rehausseurs de crédits en difficulté MBIA, Ambac et FGIC de réassurer jusqu’à 800 milliards de dollars de leur actifs les plus sûrs, ce qu’ils n’ont pas accepté. Il s’est aussi lancé lui-même depuis décembre dans l’assurance des obligations des collectivités locales.
Le financier a aussi déploré la faiblesse du dollar, et appelé le gouvernement à réduire le déficit commercial, qui entraîne selon lui le départ à l’étranger de 2 milliards de dollars par jour. Vous avez bien lu. C’est près de 740 milliards par année ça.
Il a jugé ces déséquilibres ne pouvaient pas durer, et souligné que cette chute du dollar n’avait pas freiné le déficit commercial de se creuser, par exemple avec des pays comme l’Allemagne ou le Canada.
À ceux qui se pensent à l’abri de la crise immobilière ici au Canada, en Europe, vous pourriez être bientôt surpris de l’ampleur de la catastrophe à venir.
Selon quelques analystes la crise des subprimes aux États-Unis n’est que la pointe de l’iceberg.
Vous savez qu’une institution financière prête à des individus ou des entreprises pour des biens immobiliers, tout est dans la capacité de payer de ces derniers.
Dans le cas d’individus, la norme a été longtemps qu’une maison, un bungalow ici, s’achetait à un ratio maximum de quatre pour un des revenus annuels des emprunteurs. Sur l’espérance de la croissance éternelle des prix de l’immobilier, présentement au Québec, ce ratio, pour le même type de résidence, touche à certains endroits huit fois les revenus annuels des emprunteurs. Dans le cas de duplex, ce ratio va chercher jusqu’à 10 fois les revenus annuels des emprunteurs. Dans le cas de triplex le ratio monte à 13 pour 1. J’ai même vu des quadriplex se vendre à un ratio de 16 pour 1.
Oui vous allez me dire que la SCHL, société de la couronne, garantie les prêt de plusieurs emprunteurs. Oui je veux bien mais si la SCHL commence à perdre des milliards sur des prêts fautifs, je pense que le gouvernement canadien n’aura alors d’autres choix que de reserrer les conditions de garanties des prêts. Les gouvernements comme les entreprises n’existent pas pour perdre de l’argent.
Que ce soit les gouvernements qui perdent des milliards ou des individus, l’effet dévastateur d’une crise immobilière touchera tout le monde.
Je ne sais pas pourquoi tout ces ratios d’achats irréalistes et d’espérance d’augmentation des prix (de profits dans le cas ici) me rappellent Nortel lors de ces beaux-jours au firmament de la technologie et de ses actions à 207$.
En terminant qui dit chute des marges de profits des assureurs dit augmentation du coût des primes d’assurances.