Investir sur le globe

Blogue qui traite du monde de l’investissement (bourse, or, devises, denrées alimentaires, immobilier, pétrole etc…)

Archive pour PCAA

L’action du Groupe Jean Coutu, un beau désastre

Le 17 avril 2007 j’écrivais un article sur le fait que la direction du Groupe Jean Coutu venait d’annoncer son désir d’acquérir pour grandir au Canada.

À ce moment là, la veille, l’action de Groupe Jean Coutu clôturait à 15,50$.

Un an et presque trois mois plus tard, l’action est à 8,13$.

Pendant ce temps et pour la même période l’action de son principal compétiteur au Canada, Shoppers Drug Mart – Pharmaprix est passé de 50,54$ à 54,69$.  Pas la mère à boire comme rendement, moins de 10% mais c’est beaucoup mieux que la débâcle de l’action du Groupe Jean Coutu une perte de 47,5%.

On a beau blâmé Rite Aid dans la mauvaise performance de l’action du Groupe Jean Coutu, le réel blâme est pourtant très évident.  Il suffit de se rendre dans 4-5 succursales du Groupe Jean Coutu et de se rendre dans 4-5 succursales de Pharmaprix et ce dans des villes différentes pour comprendre.

La plupart des succursales du Groupe Jean Coutu sont petites et pas très homogènes et souvent avec des petits stationnement.  J’ai visité plusieurs succursales à Montréal, Drummondville, Québec, Hawkesbury.

Que vous alliez à Montréal, Ottawa, Sherbrooke, Drummondville et Magog les succursales de Pharmaprix sont presque tous identiques et les articles placés pratiquement au même endroit d’une succursale à l’autre.  C’est très facile de s’y retrouver. 

Il est donc simple de constater que c’est Pharmaprix au Québec qui a le vend dans les voiles dans les pharmacies et non le Groupe Jean Coutu.

Pendant que le Groupe Jean Coutu rénove d’ancienne succursales et qu’il en ouvre quelques nouvelles, Pharmaprix ouvre des succursales flambant neuves et homogènes. 

Est-ce qu’en ce 8 juillet j’achèterais des actions du Groupe Jean Coutu?

Non. 

Je viens de lire le dernier bilan trimestriel et j’ai encore de gros doutes. 

Le Groupe Jean Cout possède 32% de Rite Aid, qui ne vaut plus en bourse que 325 millions américains.  Soit environ 331 millions canadiens. 

Si selon la direction du Groupe Jean Coutu, Rite Aid contribue tant à la perte de la compagnie, ils n’ont qu’à donner les actions à leurs actionnaires sous forme de « spin-off » et se débarasser de ce canard boîteux ou encore de vendre au plus offrant. 

Mais ils ne le feront pas car il y a anguille sous roche.

Ignorons un instant la part de Rite Aid dans le bilan trimestriel et on découvre que les ventes du Groupe Jean Coutu ont augmenté de 4,7% mais que le profit d’exploitation a reculé. 

La direction du Groupe Jean Coutu, qui parfois je me demande si elle nous prend pas pour des caves, nous mentionne que la baisse des prix des médicaments génériques, la météo et une croissance moins forte dans les médicaments pour les allergies, la toux, le rhume et la grippe ont eu un impact négatif sur ses revenus.

Bon sens, les pharmacies Jean Coutu ce sont en réalité des dépanneurs et des micro-épiceries.  Ils vendent des billets de loterie, des revues, des livres, de la nourriture, des articles scolaires, du shampoo, des balais à neige (y’a neigé pas mal non?), de la pâte à dent, des crèmes à rasé, des lotions solaires, des lotions pour verres de contact, du chocolat à Pâques, des décorations aux fêtes, des costumes à l’Halloween, services de photos, ventes d’appareil et accessoires de photos etc… etc… Venez pas me faire brailler sur la météo et les allergies à la baisse.

Non mais à quelques articles près, c’est quoi la différence entre des dépanneurs Couche-Tard et les pharmacies de Jean Coutu?  À part quelques articles près, les différences majeures sont que l’un vend de la bière, du vin et des produits de tabac et l’autre des médicaments.

La réalité est que la tendance au Québec ce sont les grandes pharmacies ou les pharmacies incluses dans les grands supermarchés ou les grands magasins.

Également, la population du Québec vieillit et la consommation de médicaments ne s’en va pas en diminuant.   

C’est ça que je veux dire quand je dis que j’ai parfois l’impression que la direction du Groupe Jean Coutu nous prend pour des caves.

Ce que la direction du Groupe Jean Coutu ne nous dit pas c’est que la compagnie stagne et fait du surplace pendant que Pharmaprix et les pharmacies de Wal-Mart et celles de Loblaw’s ont le vent dans les voiles.

Comme un malheur ne vient jamais seul, au 31 mai, le Groupe Jean Coutu détenait du papier commercial adossé à des actifs (PCAA) payé 35,6 M$. Une réévaluation à la baisse de 7,1 M$ avait été enregistrée au cours de l’exercice financier 2008.  Quelle en est la réelle valeur aujourd’hui?

Tout ce que j’ai mentionné plus haut se réflète sur le prix de l’action en bourse et d’après moi d’ici 6 mois, le prix de l’action du Groupe Jean Coutu devrait se retrouver sous la barre des 6$.

Pourquoi?  Simple, visitez les succursales du Groupe Jean Coutu et celles de ses concurrents et vous comprendrez que le Groupe Jean Coutu a bien du chemin à faire pour ramener son action à 15,00$ ou même au-dessus des 21,58$ atteint le 9 septembre 2005.

Dans 6 mois, je réévaluerai s’il en vaut la peine d’acheter l’action à ce moment là.

Petite suggestion à la direction du groupe Jean Coutu.  Pourquoi ne pas offrir des services d’optométrie dans vos pharmacies comme le fond si bien Costo et Wal-Mart?

Warren a parlé. Est-ce que l’Amérique va enfin l’écouter?

L’oracle d’Omaha, le milliardaire Américain Warren Buffett a prédit vendredi une chute des marges des assureurs en 2008 et fustigé la folie financière qui a conduit à la crise des crédits hypothécaires (les subprimes).

Dans sa lettre annuelle à ses actionnaires, M. Buffett, 77 ans, très écouté dans la communauté financière mais pas écouté dans les faits et actions de ses derniers,  a jugé certain que les marges bénéficiaires des assurances, y compris les nôtres, baisseront significativement en 2008. (Les nôtres étant les compagnies d’assurances contrôlées par Berkshire, la compagnie de Buffet).

Il prévoit un recul des marges en 2008 de «probablement de 4 points de pourcentage», voire bien davantage en cas de catastrophe naturelle.

Sa compagnie d’investissements, Berkshire Hatahaway, qui a largement investi notamment dans des grands groupes d’assurances, a vu son bénéfice net chuter de 18% au 4e trimestre 2007, à 2,95 milliards de dollars, selon le rapport annuel paru vendredi.

Le rapport révèle au passage que parmi ses nombreux investissements Berkshire a acheté 1,3% du groupe français Sanofi-Aventis, pour 1,46 milliard de dollars.

Revenant sur la crise des crédits «subprime», il s’en est pris aux organismes de crédit et aux faux espoirs de ses compatriotes Américains.

«Tous ont cru que les prix immobiliers augmenteraient éternellement. Cette conviction rendaient sans importance les revenus des emprunteurs aux yeux des prêteurs, qui sortaient l’argent», estime M. Buffett.

J’ajouterai à cela que cette croyante de l’augmentation éternelle des prix de l’immobilier est largement nourri par les courtiers immobiliers et les prêteurs.

«Notre pays est largement frappé aujourd’hui à cause de cette croyance erronée. Avec la chute des prix immobiliers, une immense folie financière est mise au jour. On ne voit qui a nagé nu que lorsque la marée baisse, et ce dont nous sommes témoins dans certaines de nos plus grandes institutions financières n’est pas beau à voir», a-t-il ajouté.

M. Buffett a mi-février a proposé aux rehausseurs de crédits en difficulté MBIA, Ambac et FGIC de réassurer jusqu’à 800 milliards de dollars de leur actifs les plus sûrs, ce qu’ils n’ont pas accepté. Il s’est aussi lancé lui-même depuis décembre dans l’assurance des obligations des collectivités locales.

Le financier a aussi déploré la faiblesse du dollar, et appelé le gouvernement à réduire le déficit commercial, qui entraîne selon lui le départ à l’étranger de 2 milliards de dollars par jour.  Vous avez bien lu.  C’est près de 740 milliards par année ça.

Il a jugé ces déséquilibres ne pouvaient pas durer, et souligné que cette chute du dollar n’avait pas freiné le déficit commercial de se creuser, par exemple avec des pays comme l’Allemagne ou le Canada.

À ceux qui se pensent à l’abri de la crise immobilière ici au Canada, en Europe, vous pourriez être bientôt surpris de l’ampleur de la catastrophe à venir.

Selon quelques analystes la crise des subprimes aux États-Unis n’est que la pointe de l’iceberg.

Vous savez qu’une institution financière prête à des individus ou des entreprises pour des biens immobiliers, tout est dans la capacité de payer de ces derniers.

Dans le cas d’individus, la norme a été longtemps qu’une maison, un bungalow ici, s’achetait à un ratio maximum de quatre pour un des revenus annuels des emprunteurs.  Sur l’espérance de la croissance éternelle des prix de l’immobilier, présentement au Québec, ce ratio, pour le même type de résidence, touche à certains endroits huit fois les revenus annuels des emprunteurs.   Dans le cas de duplex, ce ratio va chercher jusqu’à 10 fois les revenus annuels des emprunteurs.  Dans le cas de triplex le ratio monte à 13 pour 1.  J’ai même vu des quadriplex se vendre à un ratio de 16 pour 1. 

Oui vous allez me dire que la SCHL, société de la couronne, garantie les prêt de plusieurs emprunteurs.  Oui je veux bien mais si la SCHL commence à perdre des milliards sur des prêts fautifs, je pense que le gouvernement canadien n’aura alors d’autres choix que de reserrer les conditions de garanties des prêts.  Les gouvernements comme les entreprises n’existent pas pour perdre de l’argent.

Que ce soit les gouvernements qui perdent des milliards ou des individus, l’effet dévastateur d’une crise immobilière touchera tout le monde.

Je ne sais pas pourquoi tout ces ratios d’achats irréalistes et d’espérance d’augmentation des prix (de profits dans le cas ici) me rappellent Nortel lors de ces beaux-jours au firmament de la technologie et de ses actions à 207$.

En terminant qui dit chute des marges de profits des assureurs dit augmentation du coût des primes d’assurances.

Le Fonds de Solidarité de la FTQ et les PCAA

Le Fonds de Solidarité de la FTQ est bien silencieux dans le dossier du papier commercial adossé à des actifs (PCAA) qui affecte beaucoup de sociétés nord-américaines.

Qu’en est-il du Fond avec à de tels actifs?  Combien de dollars des épargnants Québécois ont été investits dans les PCAA?

De combien de pourcentages seront dévaluées ces investissements et comment cela affectera le prix de l’action du Fond?

Il serait grand temps d’obtenir une réponse clair net et précise de la part des dirigeants du Fonds de Solidarité de la FTQ qui gère 7,2 milliards de dollars.