La crise immobilière ne fait que commencer.


J’ai trouvé un petit bijou d’article ce matin, rarement je lis les journaux français celui-ci est en fait une entrevue avec le professeur en économie, l’Américain, Robert James Shiller de la Yale University.

Voici un extrait.

Le professeur Shiller ne mâche pas ses mots : la crise immobilière qui frappe les Etats-Unis est la plus grave depuis la Grande Dépression, affirme ce spécialiste. Disséquant les mécanismes à l’oeuvre sur un  » marché d’amateurs « , il regrette le manque de lucidité de nombreux acteurs. Et, alors que la tourmente s’étend aux places boursières, met en garde contre ses conséquences.

Le pire de la crise immobilière américaine est-il passé, selon vous ?

Non. Le système financier va souffrir, les faillites personnelles vont se multiplier. Nous n’en sommes qu’au début. Nous assistons à la plus grave crise immobilière depuis la Grande Dépression de la fin des années 1920. Ses conséquences économiques ne seront sans doute pas aussi sévères même si le risque de récession est non négligeable. Mais on va assister à une véritable destruction de valeur. Des millions de gens vont perdre leur maison, et ce qui me chagrine, c’est que tout cela résulte de comportements parfois malhonnêtes. Le public a été entretenu dans un mythe, à savoir que le prix des logements finit toujours par remonter. On a poussé des gens à acheter des maisons surévaluées en recourant à des emprunts extrêmement complexes.

N’exagérez-vous pas un peu ? Ce n’est ni la première ni la dernière crise immobilière.

Nous avons effectivement connu des crises à la fin des années 1970, au cours des années 1980 et au tournant du siècle. Chacune a été d’une certaine manière plus forte que la précédente, plus profonde. Nous sommes en fait les victimes d’un changement de société. Les Etats-Unis sont devenus de plus en plus capitalistes. A la fin de la décennie 1970, le Congrès a modifié les règles encadrant le crédit et les taux d’intérêt. Désormais, les taux usuraires ne sont plus réglementés et petit à petit nous en sommes arrivés à la situation actuelle où des produits très sophistiqués sont proposés à des gens incapables de les comprendre. Le marché du crédit était autrefois contrôlé par des autorités locales. C’est devenu un marché national sans réel contrôle. Au début des années 2000, certains ont pris en otages les emprunteurs. Profitant du niveau historiquement bas auquel étaient tombés les taux à la suite de la crise de 2001, ils ont proposé des crédits assortis de taux capables de varier dans des proportions que les souscripteurs n’imaginaient pas. Les prêteurs savaient ce qu’ils faisaient. Les emprunteurs, non. Le capitalisme peut fonctionner à condition d’être régulé et que soient limités les risques d’abus.

Les emprunteurs n’ont-ils pas tout de même fait preuve d’un peu de naïveté ?

Certains, sans doute. Mais d’autres ont simplement été victimes de l’air du temps. Ils ont refusé d’ouvrir les yeux car ils préféraient croire que les prix de l’immobilier ne pouvaient que monter. Du côté des organismes de crédit ou même des politiques, certains se sont bouché les yeux. Ils pensaient rendre service aux nouveaux accédants à la propriété.

Autrement dit, le marché de l’immobilier ne serait pas rationnel ?

A la fin des années 1980, nous avions publié avec Karl Case un article qui avait surpris. Il démontrait que la croissance ou la décroissance des prix de l’immobilier suivait une courbe lisse, sans à-coups. C’est anormal, car, sur un marché spéculatif, hier ne permet pas de prédire demain, et l’année dernière encore moins l’année prochaine. Dans l’immobilier, si. Il peut certes y avoir des inversions de tendance, mais le mouvement est régulier. C’est en fait un marché d’amateurs se comportant de façon moutonnière. La nature humaine est parfois étrange mais les hommes ont souvent tendance à se croire plus malins que les autres. Dans une bulle immobilière comme dans une arnaque de type vente pyramidale (schéma de Ponzi), les intervenants sentent bien le côté irrationnel mais ils se disent que cela peut durer encore un peu et que, eux, seront capables d’en tirer profit avant que le château de cartes ne s’écroule. Les gens font montre d’une confiance excessive à l’égard de leur propre intuition. Quand les prix s’envolent, les sceptiques, qui estiment comprendre les mécanismes économiques, passent pour des idiots en choisissant de rester à l’écart du marché. Si l’immobilier a monté pendant X années, pourquoi ne monterait-il pas une année de plus ? Dans ces conditions, c’est presque rationnel de se dire que l’on peut acheter quitte à revendre rapidement avant que la tendance ne s’inverse.

Allez lire la suite sur LesEchos.fr

C’est très bon comme et ça me fait dire qu’il n’y a pas que les Américains qui vont y goûter, Canadiens, Français, Espagnols, Anglais etc… y passeront tous.  C’est mondial.

9 réflexions sur “La crise immobilière ne fait que commencer.

  1. Frederic L. dit :

    J’ai lu ce matin dans La Presse que c’est l’occasion d’acheter aux USA.

    Aussi bien se suicider fiancièrement.

    Je pense que les bonnes occasions immobilières seront dans 2 ou 3 ans si seulement Obama est élu.

  2. Jean-Rock Cote dit :

    Mais je dirait particulierement l’Angleterre et l’Espagne seront plus impacté. Mais surtout l’Angleterre ou son économie dépent beaucoup de la finance. En fait la livre Sterling serait un bon short en ce moment.

  3. investglobe dit :

    L’économie de l’Angleterre dépend aussi beaucoup d’investissement fait en Inde. Quand l’Angleterre a remis Hong Kong aux Chinois (la gaffe), les gros industrielles Anglais ont déménagés leurs pénates en Inde.

    C’est le dollar Canadien à mon avis le plus surévalué actuellement parmis les devises du G7.

    Tout de même après l’économie Allemande, les Anglais ont la 2e meilleure économie européenne mais ils refusent catégoriquement d’adhérer à l’Euro.

  4. Jean-Rock Cote dit :

    Si l’Angleterre dépend en plus d’investissement en Inde elle est encore plus fragilisée. L’émerging est extremement vulnérable en ce moment. En fait shorter l’emerging en ce momentpour ce protéger pourrait etre une bonne affaire. Leurs économies sont bonnes mais les stocks surévalués.

  5. investglobe dit :

    Les Britanniques sont de gros prêteurs, je ne suis pas inquiets pour eux. Côté subprime américain, les banques anglaises ont été moins touché que les banques allemandes.

    Je crois que les actions indiennes sont moins surévalués que la Chine.

    L’Angleterre c’est très solide c’est sûr que ça peut vasciller un peu comme tout vaisseau traversant l’Atlantique mais elle sa bourse va chavirer pas mal moins que celle des USA qui comporte encore son lot d’actions surévalués.

    AAPL, XOM, IBM, PG, T, de très gros nom et y’en a d’autres… tous surévaluées d’au moins 25 à 50% dans certains cas.

  6. investglobe dit :

    tu as raison mais les Britanniques en ont vu d’autres ils passaient de l’argent avant même que Christophe Colomb découvre l’Amérique.

  7. investglobe dit :

    bof c’est une crise comme toute crise qui frappe à tour de rôle un secteur quelconque de l’économie.

    un emploi actuellement dans le secteur financier c’est pas pire qu’un emploi dans

    – l’industrie automobile américaine et germanique

    – l’industrie forestière canadienne

    – l’industrie du textile canadien

    – faire de la culture de riz en chine où les paysans sont forcés de vendre leur terre à l’état au nom de l’expansion citadine

    – être ingénieur informatique sur la côte ouest américaine où tu vois ton salaire annuel fondre à vue d’oeil à cause des salaires des ingénieurs informatiques de l’Inde

    – être une compagnie de fond de commun de placements et essayer d’en vendre durant la période de REER

    – être agent d’immeuble…

    – être employé de fonction publique fédéral, provincial ou municipal dont ton salaire t’es imposé ou gelé faute de fonds publics réduits

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