Sherbrooke une ville d’affaires ou de « cheap labor »?


Sherbrooke est la ville canadienne la plus compétitive sur le plan économique, selon une étude de KPMG. Elle confirme ainsi sa performance de 2006, où là aussi elle avait figuré en tête du palmarès.

C’est vrai que les coûts reliés au locaux et les coûts de la main d’oeuvre peuvent être moins cher à Sherbrooke qu’à Québec ou Montréal.  Les axes autoroutiers permettent également une facilité d’accès pour le transport et sa situation géographique près de la frontière américaine lui donne un autre avantage si vous désirez y établir une entreprise exportatrice.

Mais parcontre la ville a un gros problème.  Le dynamisme des gens d’affaires, si dynamisme il y a, ne se reflète pas sur la ville.

La ville n’est pas accèssible par train, Via Rail ne déssert plus la région de Sherbrooke.

De plus, ses installations sportives, sauf celles de l’Université de Sherbrooke, vieillissent bien mal.

La ville a été incapable au fil des ans de conserver une équipe de hockey de la LHJMQ et de la ligue américaine de hockey (les Canadiens de Shebrooke et les Jets de Sherbrooke).

Côté population Sherbrooke n’est pas en grande croissance sinon que par les fusions qui constituent la nouvelle ville de Sherbrooke depuis 2001.

En 1961 il y avait 59 000 habitants à Sherbrooke
En 1981 il y avait 74 000 habitants à Sherbrooke
En 2001, la ville de Sherbrooke fusionne avec Fleurimont, Lennoxville, Deauville, une partie de Bromptonville, Rock-Forest, Saint-Élie d’Orford et en partie Stoke.  Cela représente un ajout d’environ 70 000 personnes à la nouvelle ville de Sherbrooke.

En 2006 la population de Sherbrooke est de 147 427 habitants.  Combien là-dessus sont étudiants à l’Université de Sherbrooke et qui partiront de là une fois leurs études complétées?

En 2004, le salaire moyen des travailleurs de Sherbrooke agée de 25 à 64 ans était de 29 185$.  Il est de 36 250$ au Québec.  Sherbrooke est-elle une ville de « cheap labor »?  Car il faut l’avouer avec au moins 18 500 emplois (voir liste plus bas) à Sherbrooke reliés aux secteurs public et parapublic, cela favorise la hausse du salaire annuel moyen à Sherbrooke.  Ça laisse donc présager un salaire moindre pour les autres emplois hors secteurs public et parapublic.

En 2006, 41,25% de la population de Sherbrooke avait 45 ans et plus.  En 2007 au Québec c’est 43,1% pour ce même groupe d’âge.  On peut donc dire que la population de Sherbrooke est en moyenne légèrement plus jeune que le reste du Québec.

Je visite cette ville depuis 1971 et elle a à peine changée.  Son centre-ville, traversé en plein centre par le rue Wellington déserte prouve le manque de dynamisme des gens affaires.

Bref oui s’établir à Sherbrooke peut avoir des avantages de coûts réduits pour une entreprise mais Sherbrooke n’a pas le dynamisme économique de plus petites villes au Québec comme Mirabel, Drummondville, Saint-Hyacinthe et Blainville.

De plus comment une ville peut-être économiquement dynamique quand les principaux employeurs sont issus des milieux public et parapublic.  Voici la liste des septs premier.
Université de Sherbrooke 5 500
CHUS (Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke) 5 134
Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke 3 000
Centre de santé et services sociaux –
Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke  2 519
Ville de Sherbrooke et Hydro-Sherbrooke 1 710
Cégep de Sherbrooke 700

Viennent ensuite du secteur privé ces principaux employeurs.

Nordia inc. 650 (centre d’appel)
Fédération des caisses Desjardins du Québec 500 (secteur bancaire)
Kruger inc. 492 (pâtes et papier)
ETFS 480 (assurances)
Shermag 299 (meubles)

Pas de quoi écrire à sa mère pour le dynamisme des entreprises du secteur privé.  Le secteur des pâtes et papier est sur le déclin depuis des années au Québec, Shermag se débat pour survivre depuis quelques années aussi.  Nordia est un centre d’appel dont la majorité des employés gagnent moins de 25 000$ par année sans compter le nombre élevé d’emploi à temp partiel qu’on y retrouve.

Donc s’il vous plaît KPMG retourner à votre étude aux résultats sans logique.

Pour ceux qui veulent d’avantage de données économiques sur Sherbrooke , je vous invite à consulter le site de la SDES et d’y contempler les quelques graphiques et d’en tirer vos propres conclusions.

En terminant le but de cet article n’est pas de planter Sherbrooke et ses acteurs et activités économiques mais de prouver que l’étude de KPMG n’a aucun bon sens.

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