Un nouveau Colisée ou des universités dans le rouge ?


Je ne peux pas encore concevoir que dans ce grand Québec le gouvernement de Jean Charest ait donné le feu vert à près de 200 millions pour financer la construction d’un nouveau Colisée à Québec et qu’une pression insupportable pèse sur le gouvernement du Canada pour une somme équivalante.

Pendant ce temps, on apprend aujourd’hui que les grandes universités du Québec sont dans le rouge et traînent de gros déficits.

Voici la situation.

Les universités Laval, Sherbrooke, du Québec (sauf Montréal), Bishop’s, Concordia réussient maintenant à équilibrer leur budget.  Mais à l’inverse L’UQAM, McGill et l’Université de Montréal continue à être dans le rouge.

Les universités québécoises traînent un déficit accumulé total de 453 millions et comme ceci.

Université de Montréal (139 millions)

Université Laval (96 millions)

McGill (72 millions)

UQAM (67 millions)

Pas plus brillante dans son ensemble, l’administration de la ville de Longueuil a permis la construction d’un campus de l’Université de Sherbrooke sur son territoire.  Encore moins brilante, la STM a renommé la station de métro de Longueuil en y ajoutant le nom Université de Sherbrooke.

Comment voulez-vous que les université de Montréal bouclent leurs budgets si une autre vient lui faire compétition sur son territoire ?

C’est débile. Au bout du compte le consommateur n’est pas gagnant car c’est le contribuable qu’on doit saigner pour tenter d’éponger les pertes et déficits dûs aux mauvaises décisions de gestionnaires.

Alors il semble maintenant que le gouvernement a décidé d’amuser le peuple avec un nouveau Colisée plutôt que de veiller à son éducation.

Quel beau gâchi collectif.

Augmenter les frais scolaires me direz-vous ?

Sûrement qu’ils pourraient être majorés mais là ne serait pas seulement la solution.

La solution est davantage du côté intra universitaire.  Que les universités cessent de se faire compétition les unes entre les autres.

À quand la responsabilisation des gestionnaires face à leur décision.  À quand la vision à long terme des gestionnaires de ces institutions ?

Ce n’est pas normal que la Ville de Longueul ait dit oui à l’établissement de l’Université de Sherbrooke sur son territoire.  Quelqu’un à la Ville de Longueuil aurait dû dire NON, c’est irresponsable et les universités de Montréal vont en subir les conséquences.  Même chose au Ministère de l’Éducation.

Ce n’est pas normal que la STM ait dit oui pour renommer la station de métro de Longueuil.  C’est même irresponsable.

Que ces gestionnaires cessent de penser à eux-mêmes et leurs institutions et qu’ils pensent plus collectivement.  C’est après tout le contribuable qui paie leurs emplois.  Avant que toute décision soit prise, un gestionnaire d’institution publique devrait se demander « Qu’est-ce que le contribuable y gagne? ». C’est primordial.

Car je peux vous dire une chose.  Si ces mêmes gestonnaires geraient leurs avoirs familiaux de la même façon que les avoirs publiques dont ils ont la destinée.  Ils seraient probablement tous en faillite ou sur le bord.  Remarquez que c’est peut-être le cas aussi.  Allez savoir !

Quoi qu’il en soit, au Québec les gestionnaires des grandes institutions et des Ministères gèrent en fonction de réélection, de profits et du court terme.  Aucun gros bon sens, aucune vision à long terme que des décisions en faveur de leur après carrière ou de leur mérite.

Prenez le cas du Ministre Gignac hier qui a annoncé la fusion de Investissement Québec et de la Société Générale de Financement.  Ce n’était pas une fusion que ça prenait mais tout simplement une fermeture.  Terminée.  Nada.  Vous voulez une subvention, adressez-vous à Loto-Québec pour qu’ils mettent une loterie spéciale afin d’ammasser des fonds.  That’s it !  J’exagère je sais mais il y a déjà en masse de firme de ‘venture capital’ au Québec qu’on a pas besoin d’Investissement Québec ni de la Société Générale de Finacement.

Également, il serait temps que cesse cette compétition malsaine auprès de divers institutions financés par au bout du compte le contribuable.

Faisons place à la synergie plutôt qu’à la compétition barbare et malsaine.

C’est tout le collectif québécois qui souffre des décisions et gestes de ces gestionnaires incompétents.

Étant donné que les revenus du gouvernement sont limités face à sa lourde charge sociale et à la capacité de payer du contribuable, ces gestionnaires d’institutions publiques auront bientôt à choisir entre plusieurs possibilités et des choix déchirants devront se faire.

Par exemple.

Un nouvel hôpital ou un nouveau Colisée ?

Améliorer le système d’éducation universitaire québécois ou octroyer des subventions aux productions télévisuels.

Subventionner Télé-Québec ou augmenter les tarifs hydro-électriques ?

Hausser les frais d’immatriculation ou légiférer davantage dans l’industrie du cammionnage.

Facturer la consommation d’eau potable ou hausser les taxes foncières ?

Rénover les prisons ou embaucher plus de policiers ?

Subventionner Bombardier ou entretenir les parcs nationaux ?

Augmenter le salaire des chauffeurs d’autobus ou investir davantage dans la qualité du transport en commun ?

Donner le go à l’exploitation du gaz de schiste ou hausser la TVQ ?

Imposer un ticket modérateur dans les urgences ou hausser les impôts ?

Je suis inquiet, très inquiet des choix qui seront faits car je sais que historiquement, ces gestionnaires d’institutions publiques n’usent pas de gros bon sens. Toute la vision à court terme gâche l’avenir du Québec.

Je ne veux pas de décisions bâclées ou de privatisations sauvages.  J’en ai marre de la privatisaton des profits et de la socialisation des déficits.  Le public a droit aussi à la logique du profits et du gros bon sens.  À l’inverse dites vous une chose, que si une entreprise publique de services pour qui un pendant existe au privé et que cette entreprise publique une fois privatisé ne pourrait rapporter de profits alors quelle est sa raison d’être ?  Deux bons exemples rapides de cela.  Télé-Québec et Radio-Canada.  Jamais ces deux entreprises publiques ne feraient leurs frais si elles étaient privés.  Pire encore elles viennent compétitionner les entreprises privées avec des fonds publics.  Au diable la logique, on veut les matchs de l’Impact à tout prix, ce n’est pas grave c’est le contribuable qui paie.  Ça n’a tout simplement aucun bon sens.  Ne venez pas me dire que diffuser les matchs de l’Impact a un côté éducatif pour nos jeunes.  Pire encore, l’Impact a comme commanditaire Hydro-Québec.  Comme si on avait le choix comme client d’Hydro-Québec d’acheter notre électricité ailleurs que chez Hydro-Québec.  La logique de cette commandite elle est où ?

Oui je sais vous me direz que je tiens un discours de droite.  Je vous répondrez que c’est un discours de gros bon sens. Le contribuable québécois a déjà été saigné à blanc, on ne peut plus en rajouter.  Ainsi il faut mettre de l’avant la bonne gestion et prendre les bonnes décisions.

Pauvre Canada… pauvre Québec, une grande dépression nous guette.


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