Les syndicats sont-ils trop forts au Québec ? Non, juste trop peu de la tête


On me demande souvent si je considère que les syndicats sont trop forts au Québec.

En fait, oui et non, je dirais davantage que ce sont les élus qui sont pas assez forts et les syndicats trop peu fort de la tête même chose pour la plupart des syndiqués (oh là je ne me ferai pas d’amis).

Certains comme l’APPQ (L’Association des policières et policiers provinciaux du Québec) ont vu gonfler leurs nombres de membres dans les années passées avec les municipalités qui ont accepté de saborder leur corps policier pour accepter l’offre de service de la SQ qui remplacerait le défunt corps policier sur le territoire de la municipalité.  Résultat, la majorité des policiers municipaux de Drummondville, Victoriaville, Saint-Hyacinthe et Shawinigan (pour ne nommer que ceux-là) sont devenus membres policiers de la SQ.  Donc le pouvoir de l’APPQ a tout d’un coup été augmenter et venez pas me faire croire que le gouvernement ne savait pas ce qu’il faisait.  Quelle bourde !

Prenez maintenant le Syndicat des chauffeurs d’autobus de la STM.  Devant la couenne molle des administrateurs de la Ville de Montréal, ces chauffeurs prennent la population en otage quand vient le temps de négocier.  C’est là que je juge que les syndicats manque de tête.

Même chose chez Postes Canada, les syndiqués prennent la population en otage.

Mais je vous le dit tout de suite, à la base un syndicat, je suis pour.  Je crois que la plupart des travailleurs du Québec ont des droits et qu’il est bon d’avoir un association ou regroupement qui peut les protéger.  Mais attention, bien les protéger et les protéger de façon lucide.

La façon lucide c’est d’être conscient parfois que vis à vis le reste de la population que certaines revendications auprès de l’employeur sont complètement loufoques.

Aussi quand il est temps de syndicaliser les employés d’un dépanneur Couche-Tard, là je n’embarque pas.  C’est du jaunisme de la part des syndicats.  La plupart des employés de dépanneur sont jeunes, étudiants et n’ont pas besoin d’un syndicat.

C’est là que je dis que les syndicats, surtout les grands ont peu de tête et réellement un manque de jugoette.  C’est ça qu’on doit inculquer à nos syndicats.

Prenez un autre cas, celui du SFPQ, probablement l’un des syndicats avec le plus de membres au Québec et aussi l’un des plus mous.  Je n’ai jamais vu des membres d’un syndicat obtenir si peu pour le nombre qu’ils sont.  Pire encore, le prix de leurs cotisations syndicales n’a aucun sens.  En fait la taille du SFPQ n’a aucun sens.  Un syndicat bien trop gros pour son membership en baisse.

La FIIQ… pas réelement mieux.  Ces pauvres infirmières ne sont pas réellement bien représentés.

C’est là que j’arrive avec un appui à la proposition de Gérard Delltell de vouloir une plus grande limpidité de la part des syndicats.  Tous les syndicats doivent montrer leurs chiffres à leurs membres et justifier toutes les dépenses qu’ils font pour les défendre.  Les membres de ces syndicats exerceraient certainement un plus grande pression sur les syndicats afin que ceux-ci deviennent plus efficaces en terme de gestion de leurs cotisations.

C’est aussi là que j’appelle les syndicats à devenir plus stratégique et lucide.

Peut-être qu’il y a trop de syndicats au Québec et peut-être aussi que l’égo des chefs de plusieurs centrales nuient à la cause des travailleurs du Québec.

C’est ce que je crois.  À mon avis il y a trop de syndicats au Québec, certains devraient se regrouper, mais évidemment l’égo des uns ne fonctionnent pas toujours avec celles des autres.

Aussi je crois que les fonds de travailleurs CSN et la FTQ devraient avoir l’obligation morale d’investir uniquement dans les entreprises dont elles représentent les travailleurs.  Si ces deux centrales syndicales ont l’obligation morale de défendre leurs syndiqués, ils ont aussi l’obligation morale de contribuer à l’essor économique du Québec et des syndiqués qu’ils représentent.  Ainsi ils ne devraient pouvoir qu’investir dans les entreprises où ils représentent des travailleurs.

Aussi, dans une entreprise ou organisme dont plusieurs travailleurs sont syndiqués, le travailleur devrait avoir le droit de choisir son syndicat ou tout simplement avoir aussi le droit de ne pas se syndiquer.  Si je regarde un ami qui est dans la fonction publique québécoise depuis 15 ans, il a donné 8 580$ à son syndicat depuis son embauche.  C’est le prix de quatre voyages dans le sud pour en échange d’être syndiqué des augmentations ridicules si on compare avec le niveau d’inflation.  De 31 000$ à son embauche en 1996, il a maintenant un salaire de 43 000$ pour les mêmes fonctions.  Au privé pour sa même fonction dans une PME, en 1996 il aurait obtenu 34 000$.  Aujourd’hui c’est au moins 56 000$ qu’on lui offrirait et près de 64 000$ dans une grande entreprise.

Oui il a une sécurité d’emploi mais qu’il paie de sa poche 18 000$ par année en plus de payer un syndicat qui le défend très mal et un fond de pension si mal géré (Caisse de Dépôt et de Placement du Québec) qu’il voit ses cotisation à son régime de pension augmenter année après année en plus de voir ses cotisations à la RRQ augmenter en flèche.

Peut-être que les fonctionnaires de l’État québécois devraient renoncer à leur permanence en échange d’une hausse salariale de 16 000$.  Imaginez maintenant s’ils refusaient le droit de se syndiquer, peut-être qu’ils verraient leur chèque de paie augmenter.

Finalement en période de large déficit, je vois mal comment un syndicat défendant des travailleurs de l’État peut être assez lucide pour quémander des augmentations loufoques au gouvernement.

D’après vous, est-ce normal qu’un policier avec le plus petit grade gagne plus cher qu’un enseignant du secondaire ?

Est-ce normal qu’un chauffeur d’autobus de la STM gagne plus cher à sa première année qu’un comptable agréé aussi à sa première année ?

Est-ce normal qu’un facteur de Postes Canada se tape des salaires plus gros qu’un informaticien dîplomé universitaire avec trois ans d’expérience ?

Voilà pourquoi je dis que les syndicats manquent de tête.  Aujourd’hui au Québec les gens n’ont pas le salaire de leur scolarisation mais celui de l’influence stratégique de l’emploi syndiqué qu’ils occupent.
Plus le syndicat peut mettre de pression sur l’employeur et prendre la population en otage, plus les membres font de bonnes paies.

C’est là que je décroche des syndicats et que je crois qu’il doit y avoir une grande réforme dans ces institutions au Québec.

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