La Banque du Canada ne peut pas contrôler son dollar, d’où son inertie.


Historiquement rarement la Banque du Canada n’a pu faire quoi que ce soit pour freiner la chute du dollar ou comme tout récemment tenter d’empêcher sa hausse fulgurante.

Le dollar canadien, qu’on se le dise, monte non seulement pare que le dollar américain perd des plumes mais surtout parce que les prix du baril de pétrole et de l’or ont monté en flèche.

Avec la décision récente de la Banque de Chine, et d’autres grandes banques suivront sans nécessairement l’annoncer, de réduire leurs réserves de dollars américains, cela aura pour effet de pouvoir mener à moyen terme le dollar canadien près du 1,10$ US.

Les Chinois vont convertir une bonne partie de leurs dollars américains en dollars canadiens. 

Si les Chinois achète par exemple, 5 milliards de dollars canadiens avec leurs devises américaines, bien sûr le dollar canadien montera.

La Banque du Canada ne peut rien faire.  Elle pourrait se virer de bord et racheter les dollars américains pour le même montant vendu par les Chinois.  La Banque du Canada ne pourrait pas jouer à ce jeu très longtemps car il est évident que ses réserves en devises ne sont pas celle de la Banque de Chine. 

Donc la Banque du Canada n’a d’autres choix que de regarder passer le trafic et de constater les dégâts qu’une devise si elevée causera à moyen terme à son industrie manufacturière exportatrice.  Soit une profonde récession.  Historiquement c’est toujours ce qui est arrivé à l’industrie manufacturière après une devise canadienne trop élevée par rapport à un dollar américain.  Oui vous allez me racontez le charabia que les industries manufacturières dépendent de moins en moins des États-Unis.  Vous irez chanter votre chanson aux producteurs de motoneiges, de trains d’atterrissage, de structures d’acier, d’automobiles, de portes de garages et de roulement à billes pour ne nommer que ceux-là. 

La réalité est tout autre.  Globalement, 80% des exportations manufacturières canadiennes s’en vont aux États-Unis.  Manufacturières que j’ai écrit.

Il est donc important de différencier exportations canadiennes et exportations manufacturières.  C’est sûr que les exportations autres que manufacturières ont augmenté envers d’autres pays que les États-Unis.  On peut nommer que l’or, l’uranium, le pétrole, l’aluminium et la potasse.  À la différence, on ne peut pas produire un baril de pétrole là où il y’en a pas.  Mais on peut produire un avion, une motoneige ou un train d’atterrissage n’importe où sur le globe.  D’où le danger pour ses industries d’avoir une monnaie élevée.

Certes la Banque du Canada pourrait baisser les taux. Bien sûr!  Mais 0,25% de moins ça ne freinera pas les élans des Chinois de vouloir convertir la devise américaine tombante en devise canadienne.

Pour vraiment freiner les Chinois, et les autres grandes banques, il faudrait que la Banque du Canada, annonce subitement une baisse de son taux de 1% même de 1,5% . 

Voyons donc, elle ne fera jamais cela.  Pour la simple raison que cela créerait un inflation incroyable au Canada.  Une baisse de la TPS en janvier jumelée à un coût d’endettement moindre créerait chez le consommateur canadien une frénésie inflationniste.  Donc la Banque n’aurait d’autre choix que d’éventuellement contrer cette inflation créée par une hausse drastique de son taux, soit de 1% à 1,5%.  Ça s’annule comme dirait l’autre.

C’est pourquoi la Banque du Canada baissera légèrement son taux, 0,25%, pour tout simplement montrer aux industries manufacturières, surtout ontariennes et québécoises, qu’elle fait un effort pour contrer sa devise.  Mais baisser son taux directeur de 0,25% aura le même effet qu’un coup d’épée dans l’eau.

Retenez que les Chinois n’achètent pas des dollars canadiens parce que le taux est bon.  Il l’achète parce que la devise est actuellement en montée, force du prix du pétrole et de l’or oblige.

Ainsi donc vaut mieux pour les Chinois profiter d’une monnaie qui monte que d’une monnaie d’un pays qui ne cesse de s’endetter pour une guerre en Irak qui s’annonce sans fin.

En passant ils ont le dos large les Chinois.  Mais sachez que la Banque d’Angleterre, la Banque du Japon, la BCE et plusieurs autres grandes banques réduisent tous leurs positions en devises américaines.  Sans compter tous les grandes corporations et certains pays qui le font en secret. 

N’allez pas croire à l’inverse que ces grandes banques vendent au grand complet leurs devises américaines.  Bien sûr que non.  Mais elles réduisent leurs positions.  De combien?  Allez savoir. C’est trop stratégique pour que ces institutions soient limpides dans leurs intentions.

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